Un bien beau mot, dont la résonnance théologique ne vous aura pas échappé. Si? Tss, tss, la réconciliation est un des sacrements de l'église catholique, et représente le salut de l'humanité et le renouvellement de l'amour de Dieu manifestés par le sacrifice du Christ.
Mais en politique il prend des allures moins iréniques. C'est une manoeuvre politique qui pourrait permettre aux Démocrates de faire échec aux menaces de "filibuster" des Républicains, une technique qui permet de faire capoter un projet de loi (et que j'ai déjà évoquée). Il s'agit bien sûr de la réforme du système d'assurance maladie (c'est curieux, en anglais on utilise le mot "health care", sans doute un signe de l'optimisme américain).
Pour l'heure, le Parlement et le Sénat ont chacun élaboré leur propre projet, mais au Sénat les Démocrates ne disposent plus des 60 voix qui leur permettraient de faire adopter leur projet définitivement. Avec le processus de réconciliation ils pourraient modifier le projet sénatorial, que certains d'entre eux critiquent, sur des questions budgétaires, et ils n'auraient plus besoin que de 51 voix.
Mais la réconciliation ne s'applique en principe qu'à des lois déjà votées, ce qui n'est pas le cas de ce projet qui n'a été approuvé que par le Sénat. Ce qui veut dire que le projet peut encore rebondir de chambre en chambre, être encore modifié au passage, les Républicains peuvent multiplier les amendements, et les Démocrates se demandent si la procédure ne finira pas par leur retomber dessus. On pourrait arriver à des positions encore plus crispées que maintenant, mais je me demande si c'est possible.
Franchement, j'ai essayé de comprendre et d'expliquer tout cela le plus clairement possible, mais je crains de ne pas avoir été touchée par la grâce de la politique.